Courir au pied du Mont-Blanc, prendre le départ d’un trail en Andorre, traverser les Pyrénées dans le Val d’Aran ou affronter la nuit entre Saint-Étienne et Lyon : ces expériences font partie des raisons pour lesquelles j’aime autant le trail. Mais, peut-on voyager pour courir sans perdre toute cohérence environnementale ?
Cette interrogation est forcément inconfortable. J’aime découvrir de nouveaux territoires avec mes chaussures de trail, mais chaque dossard lointain implique aussi un déplacement, un hébergement, du matériel et parfois plusieurs heures de voiture. À l’inverse, certaines de mes sorties les plus marquantes ne m’ont pas conduit à l’autre bout du monde.
Le trail n’est pas écologique simplement parce qu’il se pratique dans la nature. Tout dépend de la manière dont je rejoins les sentiers, de la fréquence de mes déplacements, des courses que je choisis et du matériel que j’utilise.
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Le trail est-il vraiment un sport écologique ?
Quand je pars courir sur un sentier proche de chez moi, ma pratique paraît particulièrement simple. Il me faut une paire de chaussures, quelques vêtements, de l’eau et parfois un sac. Il n’y a ni moteur, ni remontée mécanique, ni infrastructure lourde nécessaire à chaque sortie. À l’échelle d’un entraînement local, l’impact environnemental du trail peut donc rester relativement limité.
La situation change lorsque je m’inscris à une grande compétition. Autour du dossard apparaissent alors :
- le trajet jusqu’au lieu de départ ;
- une ou plusieurs nuits d’hébergement ;
- les déplacements des accompagnateurs ;
- les navettes et les véhicules de l’organisation ;
- les ravitaillements ;
- le matériel parfois acheté spécialement pour la course ;
- la concentration de milliers de personnes sur un même territoire.
J’ai pu le constater lors du Marathon du Mont-Blanc, du Trail 100 Andorra, de la SaintéLyon ou du Val d’Aran by UTMB. L’acte de courir reste sobre, mais la logistique nécessaire pour rejoindre la ligne de départ l’est parfois beaucoup moins.
Le premier paradoxe du trail se trouve là : je peux passer plusieurs heures seul au milieu des montagnes tout en ayant généré une empreinte importante pour atteindre le sentier.
Le transport : le premier poste à regarder avant une course
Quand une compétition parle d’écologie, elle met souvent en avant les gobelets réutilisables, le tri des déchets, les produits locaux ou la suppression des bouteilles en plastique. Ces mesures sont utiles. Mais elles peuvent aussi détourner l’attention du trajet réalisé par les participants.
Mon expérience du Trail 100 Andorra by UTMB illustre bien cette contradiction. Le matin de la course, je me suis réveillé à 4 h 45 dans un appartement loué à La Cortinada. Après le café, le gâteau sport et les dernières vérifications du matériel, nous avons pris la voiture pour rejoindre le sas de départ à Ordino.
Ce trajet local était court. Il faisait néanmoins partie d’un déplacement beaucoup plus large organisé spécialement autour de la compétition. C’est précisément ce que l’on oublie facilement lorsque l’on ne regarde que ce qui se passe entre le départ et l’arrivée.
Le bilan carbone 2024 de l’UTMB Mont-Blanc illustre l’importance de ce poste : les transports représentaient 88 % des émissions de l’événement. Les voyages en avion des coureurs et de leurs accompagnateurs représentaient à eux seuls 85 % du bilan carbone total de l’événement.
Pour les grandes courses internationales, le transport peut constituer de très loin le premier poste d’émissions, forçant certains organisateurs à réduire leur impact.
Les questions à se poser avant de s’inscrire
Je n’applique pas encore parfaitement tous ces principes. En revanche, j’essaie désormais de me poser quelques questions avant de valider une inscription :
- La course est-elle accessible en train ou en bus ?
- Les horaires de départ sont-ils compatibles avec les transports collectifs ?
- Une navette relie-t-elle la gare ou mon hébergement au départ ?
- Puis-je partager le trajet avec d’autres coureurs ?
- Existe-t-il une course comparable plus près de chez moi ?
- Ce déplacement mérite-t-il réellement plusieurs heures de route ?
- Puis-je prolonger le séjour pour découvrir davantage la région ?
- Ai-je vraiment envie de cette course ou suis-je simplement attiré par sa réputation ?
Voyager pour courir : faut-il abandonner les trails lointains ?
Je n’ai pas envie de défendre une vision du trail dans laquelle toute course lointaine deviendrait automatiquement condamnable. Courir à Chamonix, en Andorre ou dans le Val d’Aran m’a permis de découvrir des terrains, des ambiances et des paysages très différents. Ces déplacements font partie de mon parcours de coureur et de voyageur.
En 2024, j’ai par exemple participé au Marathon du Mont-Blanc : 42 kilomètres, plus de 2 500 mètres de dénivelé positif et un parcours passant notamment par Le Tour, l’aiguillette des Posettes, Vallorcine et La Flégère. J’ai terminé cette course en 6 h 25. Mais au-delà du chrono, je retiens surtout la diversité du parcours et le sentiment d’évoluer pendant plusieurs heures face au massif du Mont-Blanc. J’en parle plus précisément dans mon article Faire un trail à Chamonix toute une journée.
Le problème n’est donc pas l’envie d’explorer. Il apparaît plutôt lorsque la recherche de nouvelles destinations devient automatique : une course à l’étranger, puis une autre quelques semaines ou mois plus tard, avec à chaque fois un aller-retour rapide et peu de temps consacré au territoire.
Une aventure n’est pas forcément plus intense parce qu’elle se déroule plus loin.
Ce que mon séjour dans le Val d’Aran m’a appris
Pour participer à la PDA 50K du Val d’Aran by UTMB, nous sommes partis à trois depuis Brive-la-Gaillarde. Le trajet jusqu’à la vallée représente environ quatre à cinq heures de route. Nous avions réservé une maison à Aubèrt, à environ quatre kilomètres de Vielha, pour deux nuits. Avec le recul, j’aurais aimé rester une nuit supplémentaire, à la fois pour mieux récupérer et pour profiter davantage de la vallée.
Cette expérience correspond exactement à l’un des arbitrages du trail écoresponsable : Lorsque je réalise un déplacement important, rester plus longtemps ne réduit pas les émissions du trajet. Cela peut néanmoins éviter de multiplier les courts séjours et donner davantage de sens à un voyage que je souhaite rendre plus occasionnel.
L’organisation proposait également une navette gratuite pour rejoindre le départ à Salardú. Elle passait juste devant notre logement à Aubèrt, à condition d’avoir réservé sa place en amont. Cette navette n’efface évidemment pas l’impact du voyage depuis la France. Elle évite néanmoins que chaque participant prenne individuellement sa voiture pour rejoindre le départ.
C’est un bon exemple de mesure concrète : une organisation facilite réellement les transports collectifs lorsqu’elle les rend simples, gratuits et compatibles avec les horaires de la course.
Redécouvrir l’aventure de proximité
Une aventure n’a pas besoin de se dérouler à plusieurs centaines de kilomètres pour être intense. Un week-end dans une région voisine, une sortie autour de chez soi ou une course locale peuvent offrir des paysages variés, une véritable difficulté sportive et la découverte d’un territoire que l’on pensait connaître. Mes expériences dans le Cantal et en Corrèze me l’ont souvent rappelé.
Une microaventure dans les monts du Cantal
Les grandes courses de montagne m’ont offert des souvenirs forts. Mais elles ne sont pas les seules à avoir créé un véritable dépaysement. Dans les Monts du Cantal, j’ai par exemple enchaîné deux parcours sportifs en deux jours :
- une première boucle de 19,3 kilomètres et 873 mètres de dénivelé positif ;
- une seconde boucle de 22,2 kilomètres et 1 315 mètres de dénivelé positif.
Au total, ce week-end représentait 41,5 kilomètres et 2 188 mètres de D+, avec des passages au Puy Violent, à la brèche d’Enfloquet, au Puy de la Tourte, à la brèche de Rolland et au Puy Mary.
Je suis resté dans le même hébergement à Salers et je suis parti chaque matin avec un sac léger. Ce format m’a offert une vraie aventure de montagne sans avoir besoin d’organiser une course internationale ou une longue itinérance. Je détaille les deux parcours dans Randonnée dans le Cantal : 2 parcours sportifs à faire en 2 jours.
Une microaventure peut comporter plusieurs heures d’effort, un hébergement local, des crêtes, une météo changeante et une vraie difficulté sportive. La proximité géographique ne limite pas nécessairement l’intensité de l’expérience.
Courir près de chez soi autrement. Mon exemple en Corrèze
Un joli spot à côté de chez soi comme le lac du Causse en Corrèze, à quelques kilomètres de mon domicile à Brive-la-Gaillarde, est un autre exemple de terrain que l’on pourrait facilement sous-estimer parce qu’il est proche.
Pourtant, les sentiers permettent d’alterner forêt, vues sur le lac, hameaux, falaises et secteurs de vignes. Il est également possible de prolonger la sortie avec un pique-nique ou une baignade pendant la belle saison.
Depuis les hauteurs, certains points de vue permettent d’observer le village de Chasteaux, le Puy Lagar, la Vierge de Fournet ou encore les ruines du château de Couzage.
Ce type de sortie à proximité de son domicile, on peut tous en avoir… enfin je crois… Ça me rappelle que je n’ai pas besoin d’un dossard prestigieux pour découvrir un territoire en courant.
La proximité n’est toutefois pas une garantie absolue. Une sortie locale peut encore nécessiter un trajet en voiture ou traverser un espace fragile. Mais elle offre davantage de possibilités pour limiter la distance, revenir régulièrement et mieux connaître son territoire.
Une course locale peut aussi être dépaysante
Le Raid des Gabariers, organisé à Chalvignac dans le Cantal, montre également qu’une course régionale peut proposer une expérience très singulière.
Sur le parcours de 15 kilomètres, j’ai traversé des champs détrempés, plongé dans les sous-bois, longé la Dordogne et couru à l’intérieur de l’usine hydroélectrique du barrage de l’Aigle.
Ce ne sont pas forcément les kilomètres parcourus pour rejoindre une destination qui rendent une course mémorable. Le territoire, le tracé et les particularités locales peuvent suffire à créer une expérience que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.
Quel est l’impact du trail sur les sentiers ?
Un coureur isolé laisse généralement peu de traces visibles lorsqu’il reste sur un chemin existant et respecte les lieux. La situation change lorsque plusieurs centaines ou milliers de passages se concentrent sur le même parcours. Les principaux risques concernent :
- l’érosion des sols ;
- l’élargissement des chemins ;
- la création de raccourcis ;
- le piétinement de la végétation ;
- le dérangement de la faune ;
- la fréquentation nocturne ;
- les déchets oubliés ;
- les conflits avec les autres usagers.
J’ai participé à des événements de tailles très différentes. La SaintéLyon 2024 comptait, par exemple, plus de 7 000 partants sur son format de 82,6 kilomètres. Le Marathon du Mont-Blanc auquel j’ai participé réunissait 2 300 coureurs sur le 42 kilomètres.
Cela ne signifie pas qu’une grande course est nécessairement irresponsable. En revanche, plus un événement rassemble de participants, plus son organisation doit être exigeante concernant les transports, les sentiers, les déchets et les espaces traversés.
Même des coureurs respectueux peuvent exercer une pression excessive s’ils passent trop nombreux au même endroit ou pendant une période sensible.
Le nombre de participants ne suffit toutefois pas, à lui seul, à prévoir les dégâts. La météo, la nature du sol, la pente, la conception du tracé et la répétition des passages jouent également un rôle déterminant. Une course réellement engagée doit donc être capable de limiter ses inscriptions, de modifier son tracé ou de renoncer à traverser une zone fragile.
Comment reconnaître une course de trail écoresponsable ?
Je ne me contente plus de regarder la médaille, le ravitaillement ou la communication de l’organisation.
Voici les principaux critères que j’essaie désormais d’examiner.
L’accessibilité
La course est-elle accessible en train ou en bus ? Des navettes sont-elles proposées ? Les horaires permettent-ils réellement d’arriver sans voiture ?
Une navette comme celle proposée au Val d’Aran est utile parce qu’elle conduit directement les participants vers le départ et fonctionne à l’heure nécessaire.
La taille de l’événement
Le nombre de participants est-il adapté à la capacité d’accueil du territoire ?
Une course n’a pas besoin de battre chaque année son record d’inscriptions pour être considérée comme une réussite.
La protection du milieu
Le tracé évite-t-il les zones sensibles ? L’organisation travaille-t-elle avec les gestionnaires des espaces naturels ? Certaines portions sont-elles modifiées en fonction de la saison ou de la météo ?
Les ravitaillements
Les produits de saison et les aliments à faible impact sont-ils privilégiés ? L’organisation limite-t-elle les produits animaux les plus émetteurs, les emballages individuels et le gaspillage ? Les producteurs locaux sont-ils associés lorsque cela reste pertinent ?
La transparence
L’organisation publie-t-elle un bilan environnemental ? Les déplacements des coureurs et de leurs accompagnateurs sont-ils inclus ?
Matériel de trail : L’objectif est d’utiliser, pas d’accumuler
Le trail est devenu un marché très spécialisé. Il existe des chaussures pour chaque terrain, des sacs de différents volumes, plusieurs catégories de vestes, des montres (des bracelets de montres), des bâtons, des lampes et de nombreux accessoires de récupération.
Une partie de ce matériel est indispensable, notamment pour la sécurité en montagne. Mais la frontière entre besoin réel et envie de nouveauté peut rapidement devenir floue.
De mon côté, j’essaie de juger un équipement sur la durée. J’utilise par exemple uniquement mon Salomon ADV Skin 12 depuis trois ans sur des terrains très différents, du Marathon du Mont-Blanc aux sentiers techniques d’Andorre, en passant par la boue de la SaintéLyon et même pour des sorties autour de chez moi.
Ma Garmin Forerunner 955 a également dépassé les trois ans d’utilisation sur des trails, des marathons et des triathlons. Ces retours prolongés me semblent plus utiles qu’un test réalisé après un simple déballage.
Pour les chaussures, je ne me base pas uniquement sur un nombre de kilomètres. Je commence généralement à surveiller une paire de route autour de 500 à 800 kilomètres, puis j’observe l’usure, la stabilité, l’accroche et les éventuelles tensions inhabituelles. En trail, l’état des crampons et de la tige peut devenir problématique avant la perte complète de l’amorti. Je détaille cette méthode dans Quand changer ses chaussures de running ou de trail ?
La sobriété ne consiste pas à continuer à utiliser un équipement devenu dangereux. Elle consiste plutôt à :
- entretenir ce que je possède ;
- éviter les achats en double ;
- réparer lorsque cela reste possible ;
- utiliser un produit jusqu’à sa véritable usure ;
- acheter d’occasion pour certains besoins ;
- louer ou emprunter le matériel très occasionnel ;
- privilégier la polyvalence et la durabilité.
Un produit présenté comme écologique reste un produit qui a dû être fabriqué et transporté. Acheter moins reste donc un levier essentiel.
La nutrition du coureur
À l’échelle individuelle, l’accumulation de gels, de compotes et de barres emballés individuellement produit une quantité importante de déchets, en particulier sur les formats longs. Si ces produits restent pratiques et adaptés aux contraintes de l’effort, leur utilisation n’a pas à être systématique.
Sur une course officielle, les ravitaillements proposent généralement de quoi s’alimenter et s’hydrater. Plutôt que de multiplier la nutrition sous emballage individuel dans son sac, il est souvent plus sobre de s’appuyer sur les produits fournis par l’organisation et de ne conserver sur soi qu’une réserve ciblée. Cela limite les achats superflus, réduit les plastiques jetables et allège le sac pour économiser votre énergie 🙂
Hormis pour les élites ou les coureurs visant un chrono à la seconde près, prendre une minute pour s’arrêter, remplir ses flasques et manger sur place ne change pas le résultat final d’une course.
Attention toutefois à la tolérance digestive : les marques de boissons d’effort ou les aliments proposés sur les ravitaillements varient d’un événement à l’autre. Pour éviter les mauvaises surprises en course, mieux vaut consulter le menu des ravitaillements en avance et conserver sur soi quelques produits référents déjà éprouvés à l’entraînement.
L’objectif n’est pas de renoncer à la nutrition sportive industrielle ni d’improviser le jour J. Il consiste à consommer avec plus de sobriété : choisir ce qui est réellement utile, éviter le surstockage dans le sac et garder chaque emballage jusqu’au prochain point de collecte.
Les contradictions ne doivent pas empêcher d’agir
Je voyage pour courir. J’ai participé à des courses éloignées de chez moi. J’utilise parfois une voiture pour rejoindre un départ et je possède plusieurs paires de chaussures. Je ne peux donc pas prétendre pratiquer un trail sans impact.
Mais attendre d’être irréprochable avant de parler d’écologie reviendrait à ne jamais commencer. Mon objectif n’est pas de devenir un traileur parfait. Il est de prendre des décisions un peu plus cohérentes d’une saison à l’autre.
Cela peut signifier sélectionner moins de compétitions, prolonger un séjour, partager un trajet, utiliser une navette ou choisir une aventure dans le Cantal plutôt qu’un nouveau week-end à l’étranger.
Cela peut aussi signifier renoncer à une course. Le renoncement n’est pas toujours agréable, surtout lorsque l’événement fait rêver. Mais une pratique écoresponsable n’a de sens que si elle influence réellement certains choix.
10 réflexes pour pratiquer un trail plus écoresponsable
Une fiche mémo à consulter avant de choisir une course, de préparer son déplacement ou de renouveler son équipement.
Explorer près de chez moi
Avant de réserver un voyage, je regarde les parcours accessibles près de chez moi ou dans les régions voisines.
Vérifier les transports
Je consulte les trains, les bus, les navettes et les possibilités de covoiturage avant de payer mon dossard.
Partager la voiture
Lorsque la voiture reste nécessaire, je voyage à plusieurs pour réduire l’impact individuel du trajet et partager les frais.
Rester plus longtemps
Je transforme autant que possible une course lointaine en véritable séjour afin de découvrir le territoire au-delà de la compétition.
Choisir moins de dossards
Je préfère quelques courses réellement désirées à une accumulation d’inscriptions choisies par automatisme.
Rester sur les sentiers
Je ne coupe pas les virages : quelques secondes gagnées ne justifient pas de participer à l’érosion du terrain.
Respecter les restrictions locales
Je me renseigne sur les fermetures temporaires, les zones protégées, la météo et les périodes sensibles pour la faune.
Conserver mon matériel
J’entretiens mes chaussures, mes vêtements, ma montre, mon sac et ma lampe afin de ne pas les remplacer prématurément.
Examiner les engagements des courses
Je privilégie les événements qui facilitent les transports collectifs, protègent les espaces traversés et communiquent clairement sur leurs impacts.
Considérer le territoire comme un milieu vivant
Une montagne, une forêt ou un lac ne sont pas de simples décors : ils sont partagés avec des habitants, des animaux, des végétaux et
d’autres usagers.
Alors, peut-on voyager pour courir sans abîmer la planète ?
Aucun voyage ni aucune compétition ne sont totalement neutres. Une sortie autour de chez soi ne produit pas le même impact qu’un week-end organisé autour d’une course nécessitant un long trajet. Une aventure de deux jours dans le département voisin ne répond pas à la même logique qu’une succession de vols pour collectionner les dossards internationaux.
Pour autant, je ne pense pas que la seule réponse consiste à arrêter de voyager. Je préfère chercher une pratique dans laquelle je voyage moins souvent, je reste parfois plus longtemps et je choisis mieux mes objectifs. L’aventure peut aussi se faire dans les territoires plus proches, sur les crêtes voisines, autour d’un lac à côté de chez moi ou sur un sentier que je pensais déjà connaître.
Lorsque je décide de participer à une course éloignée, je consulte les trains, les bus et les navettes avant de payer mon dossard. Quand la voiture reste difficile à éviter, j’essaie de voyager à plusieurs afin de réduire l’impact individuel du déplacement et de partager les frais. L’organisation, sa plateforme d’inscription ou une communauté de coureurs sur les réseaux sociaux proposent parfois déjà un espace de covoiturage.
FAQ sur le trail écoresponsable
Le trail est-il mauvais pour l’environnement ?
Une sortie individuelle sur un sentier existant peut avoir un impact limité. Les principaux enjeux concernent les déplacements motorisés, les grands rassemblements, la fréquentation répétée des espaces fragiles et le renouvellement du matériel.
Quel est le principal impact environnemental d’une course de trail ?
Le transport des participants et des accompagnateurs peut représenter un impact important, notamment lorsque la course impose de longs déplacements en voiture ou en avion. La taille de l’événement, les infrastructures et la fréquentation des sentiers doivent également être prises en compte.
Comment choisir une course de trail écoresponsable ?
Je regarde son accessibilité en transport collectif, les navettes proposées, le nombre de participants, la protection des espaces traversés, la gestion des ravitaillements et la publication éventuelle d’un bilan environnemental.
Faut-il arrêter de prendre l’avion pour participer à des trails ?
Réduire les voyages en avion constitue un levier important. Sans forcément supprimer chaque destination lointaine, il est possible d’en limiter la fréquence, de prolonger les séjours et de privilégier les courses accessibles en train ou en voiture partagée.
Comment réduire l’impact de son matériel de trail ?
Le plus efficace est souvent d’acheter moins, de conserver les équipements plus longtemps, de les entretenir et de réparer ce qui peut l’être. La seconde main, la location et l’emprunt peuvent également répondre à certains besoins occasionnels.
