Le Raid des Gabariers est un trail organisé chaque année à Chalvignac, dans le Cantal, réputé pour son parcours technique, son passage insolite dans le barrage de l’Aigle et ses montées très raides. Pour cette édition 2026, j’ai pris le départ de la distance de 15 km (16,2 km réels au GPS). Entre la boue des Gorges de la Dordogne et l’incroyable arête du Peyrou , retour sur une course riche en adrénaline et en dénivelé.
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Raid des Gabariers – Infos clés
- Lieu : Chalvignac (Cantal, 15)
- Date : Début février
- Distance réelle : 16,2 km (annoncé 15 km)
- Dénivelé : 820 m D+
- Difficulté : Élevée (terrain technique et gras)
- Temps de référence : Les meilleurs bouclent le tracé en 1h15 à 1h25, tandis que le temps médian se situe autour de 2h30 selon l’état des sentiers.
Pourquoi courir le Raid des Gabariers ?

Le Raid des Gabariers fait partie des trails hivernaux les plus connus du Cantal et attire chaque année plusieurs centaines de coureurs venus de toute l’Auvergne et des régions voisines. Dans mon calendrier de coureur, ce trail à Chalvignac s’inscrivait comme un jalon stratégique pour deux raisons majeures :
- Préparation d’endurance/puissance : À un mois de mon prochain semi-marathon, j’avais besoin de renforcer mes fibres musculaires et de travailler ma résistance lactique sur un terrain instable.
- Entretien technique : Je suis actuellement dans une grosse période de course sur route. Mais en vue de mon prochain objectif de trail au Val d’Aran UTMB 50K (Espagne) dans 5 mois, il est crucial de ne pas perdre les aptitudes spécifiques à la montagne : gestion de la foulée en dévers et proprioception.
Si vous préparez vous aussi une saison chargée, vous pouvez retrouver mes autres récits de courses ou marathons pour affiner votre planification.
Le parcours détaillé : Une immersion dans le Cantal
Le parcours du Raid des Gabariers est un joli hommage au territoire. Le tracé ne se contente pas de suivre des sentiers forestiers ; il joue avec le patrimoine industriel et naturel de la région.
Le départ et la descente techniquement boueuse (km 0 à 3)

Au départ, l’ambiance est au rendez-vous. Le speaker et la musique font monter la pression alors que nous nous élançons pour une traversée de champs en dévers. Rapidement, on plonge dans les sous-bois. Après une semaine de pluie intense, le sol est gorgé d’eau. Au kilomètre 3, une descente rapide en « S » met les appuis à rude épreuve. C’est un exercice de style où il faut accepter de glisser tout en gardant le contrôle. C’est sympa 🙂
La parenthèse du Barrage de l’Aigle (km 3 à 8)

Après la technicité du début, le parcours offre 3 à 4 km de plat le long de la Dordogne. C’est la portion idéale pour faire défiler le compteur kilométrique. J’ai pu y maintenir une allure de 4:20 min/km, remontant ainsi une partie du peloton. Le moment fort reste la traversée de l’usine hydroélectrique du barrage de l’Aigle. Courir au cœur de ce monument de béton et y prendre son ravitaillement est une expérience que l’on ne retrouve sur aucun autre trail dans le Cantal.
La montée d’Auze : Le premier mur

Au km 8, la fête est finie pour les coureurs de plat. La pente se cabre : 900 mètres à 25% de moyenne. Ici, pas de secret : on marche, les mains sur les cuisses… sauf les leaders de la course qui montent à petites foulées. L’effort est intense, mais la récompense est au sommet avec un point de vue imprenable sur les Gorges de la Dordogne.
L’arête du Peyrou : L’apothéose (km 14)

Juste avant de regagner le village, se dresse la verticale arête du Peyrou. Imaginez 440 mètres à 34% de « dré dans l’pentu » comme disent les savoyards où l’on finit par s’agripper aux racines. Mon chrono sur cette section ? 11 minutes et 30 secondes contre 7 minutes 25 pour le vainqueur… C’est ici que le public est le plus nombreux, nous encourageant à franchir cette ultime difficulté.
Mes conseils et retours d’expérience pour réussir votre course
Pour performer en plein hiver dans le Cantal sur le Raid des Gabariers, une bonne paire de jambes ne suffit pas. Voici mes recommandations :
Le matériel indispensable
- Chaussures : L’indispensable chaussures de trail avec de bons crampons. Sans une accroche agressive, les descentes techniques et les montées abruptes devient une patinoire impraticable.
- Hydratation : Côté stratégie, la légèreté était de mise. J’ai simplement avalé un gel au pied de la montée d’Auze pour anticiper l’effort, en me contentant de l’eau des ravitaillements pour rester hydraté sans m’alourdir. Mon conseil nutrition : Ma stratégie de légèreté fonctionne pour un chrono de 1h53. Si vous visez un temps supérieur à 2h00, la donne change : il devient crucial d’augmenter votre apport en glucides et d’emporter une flasque d’eau supplémentaire pour maintenir votre niveau d’énergie jusqu’à l’arrivée.
- Gestion : Ne partez pas trop vite ! Le dénivelé est concentré sur la seconde moitié du parcours.
Les ravitaillements : Le goût du terroir
L’organisation ne se moque pas de nous. En plus d’une tasse réutilisable et d’un bière locale offerte à tous les inscrits, les participants pouvaient retrouver aux ravitaillements :
- Du fromage (Cantal oblige !)
- Du saucisson, des fruits, fruits secs, gâteaux et des boissons sucrées.
- À l’arrivée : Une soupe au fromage et au pain servie chaude, à partager avec vos copains de course et les autres participants.
À qui s’adresse cette course ?

Si le format de 15 km semble accessible, le parcours du raid des gabariers exige un minimum d’entraînement pour franchir les difficultés sans encombre. Cette épreuve est idéale pour les :
- Coureurs préparant un objectif montagne (en début de préparation).
- Amateurs de parcours techniques et « vrais ».
- Traileurs cherchant une ambiance villageoise authentique loin des « usines à dossards ».
Conclusion : Mon avis sur le Raid des Gabariers
Le Raid des Gabariers est un trail de 15 km et 820 m D+ réputé pour ses montées très raides et son passage insolite dans le barrage de l’Aigle. Pour les coureurs cherchant une épreuve technique, conviviale et sauvage dans le Cantal, c’est une expérience incontournable qui peut aussi se décliner au format 26 ou 41km.
Que vous visiez le temps des élites (autour de 1h20) ou que vous souhaitiez simplement boucler la boucle avant la soupe, l’émotion reste la même au sommet de l’arête du Peyrou… aux alentours de 170 bpm. Rendez-vous en 2027 !
