« Au fait… partir en road trip entre Israël et la Jordanie, ce n’est pas un peu risqué ? » C’est la question qui est revenue en boucle avant mon départ. Sur le terrain, la réalité a vite balayé mes appréhensions. J’ai voulu tester ce combiné mythique pour juger par moi-même. Résultat : 7 jours d’immersion intense en avril, avec un ami, entre sites millénaires et paysages lunaires.
Dans cet article, je ne vous fais pas une brochure touristique : je vous partage mon itinéraire brut, mes « notes de terrain », mes petites galères et les pépites que j’ai découvertes en conduisant d’un pays à l’autre.
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Jour 1 & 2 : Jérusalem, le choc des cultures
Jérusalem ne se visite pas, elle se ressent. Nous y avons passé un jour et demi, et c’est le minimum pour effleurer son âme multiculturelle.

Mon ressenti : Passer du quartier musulman, vibrant et bruyant, au silence solennel du quartier arménien en quelques secondes est un véritable choc sensoriel. La vieille ville porte toute l’histoire du pays, découpée en quatre quartiers pour autant de religions : musulmans, juifs, chrétiens et arméniens.

Quartier arménien

Quartier juif

Quartier chrétien (Saint Sépulcre)

Quartier musulman (dôme du rocher)
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Le Saint-Sépulcre : Il m’a marqué par sa ferveur presque palpable : l’odeur de l’encens, les bougies qui crépitent… c’est mystique, peu importe vos croyances.
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Le Mur des Lamentations : Ne restez pas seulement sur l’esplanade sécurisée. Nous avons déniché par hasard une section intérieure couverte : l’ambiance y est beaucoup plus intime, moins bruyante, et les gens n’ont pas hésité à nous expliquer l’importance du lieu.
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Le Dôme du Rocher : En levant les yeux depuis le Mur, sa coupole dorée et la mosquée Al-Aqsa rappellent que Jérusalem est le troisième lieu saint de l’Islam.
Mon conseil : Si vous n’avez pas révisé vos cours d’histoire avant de partir, réservez une visite avec un guide. Sans les clés de lecture, vous passerez à côté de 90% de la symbolique des ruelles.


Jour 3 : La mer morte


Vous voilà dans un lieu à l’apparence inhospitalière, totalement désertique. On a beau le lire partout, la sensation de flotter « comme un bouchon de liège » est totalement déroutante. L’eau n’est pas liquide, elle est huileuse au toucher.
Attention, retour d’expérience direct :
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Le piège du rasage : Ne faites surtout pas l’erreur de vous raser le matin même (visage ou jambes). Le sel transforme la moindre micro-coupure en brûlure immédiate !
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La température : L’eau est (très) chaude, un peu comme un bain.
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Massada : Ne manquez pas les fortifications antiques perchées à 450m. La vue sur le désert de Judée qui plonge dans ce bleu saturé de sel est mon plus beau souvenir visuel du voyage.


Jour 4 & 5 : Petra, l’évasion chez les Nabatéens
Logistique : Comment passer la frontière à pied ?
L’une de mes plus grandes interrogations était la gestion du véhicule. Peut-on passer d’Israël en Jordanie avec une voiture de location ? La réponse est non. Les loueurs israéliens ne l’autorisent pas.
Voici notre stratégie vécue pour le passage de la frontière depuis Israël vers la Jordanie :
- J’ai laissé mon véhicule loué en Israël sur un parking public à Eilat à 200 mètres de la frontière pendant mon séjour en Jordanie. (Aucune détérioration constatée lorsque je l’ai récupéré) ;
- J’ai passé la frontière à pied (prévoyez du temps pour les formalités) ;
- J’ai pris un taxi côté Jordanien (juste après le no man’s land de la frontière) pour regagner le centre ville de Aqaba (Jordanie)
- J’ai loué un nouveau véhicule (chez Europcar) pour mes quelques jours en Jordanie.
- Pour mon retour en Israël j’ai procédé dans le sens inverse 🙂
Note pratique : Prévoyez environ 50$ de taxe de sortie / frais de visa (variable selon le nombre de jours sur place). C’est un détail administratif qu’on oublie souvent de budgétiser !

Depuis la frontière à Aqaba, il faut compter 2 heures de route pour rejoindre Petra. Prévoyez d’arriver tôt : les places de parking sont rares et l’attente au soleil peut être longue.
Le Siq vous prépare au choc. Ce long chemin étroit entre les parois de grès débouche sur le « Trésor » (Al-Khazneh). Sa façade de 43m de haut creusée dans la roche est encore plus impressionnante en vrai qu’en photo.



Mes conseils de terrain :
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Échappez à la foule : Grimpez au sommet du Jabal al-Madhbah (la montagne du sacrifice). La plupart des touristes restent en bas près des temples. En prenant de la hauteur, nous avons trouvé un silence absolu et une vue plongeante incroyable.
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Le bémol : Le site est envahi de vendeurs et de sollicitations pour des tours à dos d’âne ou de chameau (animaux parfois mal traités). Restez courtois mais fermes.
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Le temps : Pour les bons marcheurs, Petra peut se voir en un jour, mais pour vraiment flâner, deux jours sont préférables.


Vous aurez besoin d’une heure de marche supplémentaire pour aller admirer al-Deir, « le monastère » consacré au culte du seul roi nabatéen. Petra se mérite. Le site est immense et vous demandera pas mal de marche et d’effort mais vous ne le regretterez pas. Le lieu restera dans votre mémoire.


Jour 6 : Wadi Rum, une nuit dans le silence absolu

Passer une nuit dans le désert avec les bédouins est une expérience hors du temps. On abandonne la voiture au « Tourist Center » pour grimper à l’arrière d’un pick-up 4×4.
Ce qui m’a surpris : Le « vrai » silence. Celui où l’on déconnecte totalement. Nous avons dormi au Wadi Rum Bedouin Tour with a Camp.
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L’expérience : Les tentes sont rustiques mais confortables. Le repas traditionnel (le Zarb), cuit pendant des heures dans le sable, a un goût de fumé unique.
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Déconnexion : Pas de réseau mobile, pas de prises dans les tentes. C’est l’endroit idéal pour discuter au coin du feu sous un ciel étoilé comme vous n’en verrez jamais ailleurs.
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Note : Les nuits sont fraîches en avril, même si le soleil tape fort en journée. Prévoyez de quoi vous couvrir.


Jour 7 & 8 : Tel Aviv, la « bulle » dynamique

Pour rejoindre Tel Aviv, nous avons retraversé la frontière à Eilat puis conduit 4 heures à travers le désert du Néguev. Le changement d’ambiance est radical.
Tel Aviv est la capitale économique. Ici, le poids de la religion s’efface devant les buildings, les plages aménagées et les terrains de volley. On l’appelle « la bulle » car elle semble détachée des conflits environnants.
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Jaffa : C’est le côté typique à ne pas rater. Le marché aux puces regorge de trésors vintage.
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L’ambiance : C’est une ville qui ne s’arrête jamais, très jeune et tolérante.


Et si vous regardiez ma vidéo sur l’Israël et la Jordanie ?
Je vous propose de regarder ma vidéo sur l’Israël et la Jordanie. Une immersion de quelques minutes au Moyen Orient !
Pour une meilleure qualité, pensez à activer la HD et à mettre le son. Laissez charger entièrement la vidéo avant de la lancer.
Mon avis final : Ce que je retiens de ce road trip
Passer en une semaine de la ferveur mystique de Jérusalem au silence du désert jordanien est un grand écart émotionnel. Ce voyage m’a permis de casser mes propres préjugés sur la région.
Si c’était à refaire : Je passerais deux jours complets à Petra pour moins courir.
Transparence totale : J’ai payé l’intégralité de mes hébergements et de mes repas cités dans cet article. Ce sont mes vrais coups de cœur, testés sur le terrain. Pas de publicité sponsorisée, juste du vécu !
N’hésitez plus, partez découvrir ces deux pays incroyables, vous ne le regretterez pas.
Prêt à partir ? Consultez mon article complémentaire sur la préparation de votre voyage en Israël pour les détails sur les visas et la sécurité !
Pour préparer au mieux votre road-trip entre l’Israël et la Jordanie, voici mon article conseils :
Cet article a été mis à jour le 19 décembre 2025 par Loïc – @supervoyageur
